mais est-il un saint pour autant? A en croire Renaud Chareyre, auteur du récent livre Google Spleen, pas vraiment! La thèse défendue par l'auteur est que l'objectif de Google n'est pas de donner la meilleure (plus pertinente) information à l'internaute, mais de maximiser son profit. Jusque là, pas de scoop. Le trouble vient à l'analyse la stratégie de Google. Et celle qui nous est proposée par Renaud Chareyre doit nous amener à réfléchir. Quelques points marquants de son analyse:
le service Google Adwords, la vache à lait de Google, est basé sur un système d'enchères
plus il y a des clients pour les mêmes mots, plus Google gagne de l'argent; Google doit donc "s'arranger" pour rester attractif pour tous les annonceurs (générer du trafic, même pour les offres peu intéressantes/pertinentes)
plus les internautes restent sur les pages de Google, plus ils cliquent sur les publicités et rapportent de l'argent à Google
Google utiliserait ses données statistiques pour
répartir les publicités, non pas en fonction de leur pertinence, mais pour assurer la permanence et la croissance de ses revenus
construire ses pages pour garder les internautes le plus longtemps possible...
Pensez-y lorsque vous planifierez votre prochaine campagne Adwords (l'offre la moins chère n'est pas forcément la meilleure). Pensez-y aussi la prochaine fois que vous cliquerez sur une publicité (ce n'est peut-être pas la meilleure offre disponible). Pensez-y aussi lorsque vous ferez de la veille, les résultats sont biaisés. N'oubliez pas d'effacer vos cookies (qui sont un des piliers du biais).
Google Spleen http://www.googlespleen.com/ langue: français accès: gratuit
Il y a quelques semaines, Jean-Yves Huwart, journaliste économique et blogueur, à l'initiative du think tank Entreprise Globale (www.entrepriseglobale.biz) a publié un livre consacré à l'économie wallonne: "Wallonie 2.0" (http://tinyurl.com/yzq9aok). Le pitch est assez simple, et tient dans les deux lignes du sous-tire de l'ouvrage: "Nous étions une puissance économique Nous pouvons le redevenir!" L'ouvrage consacre de très nombreuses pages à l'apologie de la grandeur passée de la Wallonie, à la recherche des ferments d'une possible renaissance. Dans le dernier chapitre, le regard tourné vers l'avenir, l'auteur nous indique quelques pistes à suivre pour espérer replacer la Wallonie dans le groupe de tête des régions les plus dynamiques et les plus riches:
profiter de la révolution 2.0, les réseaux sociaux, le partage
oser l'innovation, pas seulement l'innovation technologiques dans les domaines industriels, mais surtout l'innovation dans les usages, dans les organisations, dans les services...
oser la différenciation, car lorsque tout le monde fait la même chose, c'est comme si personne ne faisait rien
encourager l'entrepreunariat, la prise de risques principalement dans la tranche d'âge 30-50 ans
Au final, ce livre sera important s'il parvient à convaincre les politiques, et certaines structures sclérosées en place, qu'elles doivent évoluer, regarder le monde avec un regard 2.0, encourager les initiatives, même si elles mettent en péril leurs positions dominantes (il y en aura d'autres à prendre). Finallement, le challenge est de convaincre quelques détenteurs des leviers de décision d'accorder leur confiance à ceux qui veulent engager la région dans une dynamique d'explorateurs.
Voici un ouvrage qui sous le titre "Réputation Numérique, Gestion de l'image de soi sur la toile - Etude des traces laissées sur le Web par les internautes, revers et avantages", entreprend d'analyser, d'expliquer et de présenter au grand public la problématique de l'identité numérique et le besoin impérieux de prendre la main dans ce domaine. Il nous rappelle que les recruteurs utilisent de plus en plus le Web pour se faire une image de l'employé ou du partenaire qu'ils sont sur le point de recruter. Et, en filigrane, on découvre que:
nous ne sommes pas égaux devant la toile; Jean Dupont (patronyme relativement fréquent) sera doute plus difficile à cerner que Balthazar Chavanon, par contre, Jean Dupont court davantage de risque de voir son image polluée par les frasques d'homonymes que le second
avec la montée en puissance de l'entreprise 2.0 et les mutations que subissent les relations de collaboration (la probabilité de l'engagement à vie par une entreprise paternaliste s'estompe devant celle de travailler sur des projets successifs, avec des partenaires différents) font que l'on devra, à l'avenir, se faire connaîre et apprécier plus souvent (quel que soit son âge)
il n'y a pas que les individus qui doivent gérer leur image, les entreprises aussi, indépendemment de leur taille, seront de plus en plus à la recherche de partenariats; et ne croyons pas que les grandes entreprises garderont un rapport de force en leur faveur car, avec leur dynamique et la multiplication des projets auxquels ils participeront, les travailleurs seront de plus en plus à l'aise par rapport aux choix (aux refus) de collaborations
Dans ces conditions, on comprend que la gestion de son image numérique s'impose de plus en plus comme une nécessité.
Cette page (http://membres.lycos.fr/veille/defi.htm) nous donne des extraits intéressants du livre "LES PME face au défi de l'intelligence économique" de Laurent Hassid, Pascal Jacques-Gustave et Nicolas Moinet. De ces extraits, on peut retenir:
les 8 facteurs-clés de l'intelligence économique:
L'information comme instrument de la stratégie
L'information comme instrument de la stratégie
La logique réseau externe et la synergie public-privé
Les stratégies indirectes et ruses de l'intelligence
L'usage offensif et défensif de l'information
L'information comme instrument d'influence et de lobbying
La prise en compte des facteurs culturels
Une gestion différente de la problématique de concurrence/coopération
un intéressant tableau, malheureusement hors contexte, comparant les coûts d'exploitation et le ROI de l'IE
Voilà le titre d'un livre récemment publié par François Auer, que nous avons eu le plaisir de découvrir. Son titre ne fait pas de mystère sur son objectif, cet ouvrage traite de la protection de l'information et du capital immatériel des entreprises. Ce qui le place dans la littérature utile à ceux qui (envisagent) font de l'intelligence stratégique, version défensive. Ce livre est divisé en 4 chapitres:
La guerre économique mondiale et l'information
Les entreprises françaises et l'information
Méthodes utilisées par l'intelligence économique, l'espionnage et la malveillance
Les moyens de dissuasion, de protection et de répression
en annexe, les textes de loi
Ce livre nous a impressionné par l'exhaustivité du propos. En effet, on a vraiment l'impression que l'auteur n'a oublié aucun des risques auxquels les entreprises sont susceptibles de faire face un jour, ni des solutions. Qui plus est, chaque situation présentée est illustrée par plusieurs exemples montrant la réalité du risque. Ce qui en fait un livre intéressant, même pour les entreprises non actives en France, malgré certaines spécificités françaises. Si on devait noter une faiblesse de ce livre, ce serait sans nul doute l'inventaire des risques et des parades qui, dans sa volonté d'exhaustivité, touche parfois, nous semble-t-il, à l'anecdotique. On ressort de cette lecture avec un sentiment diffus de paranoïa naissante, devant tant de risques potentiels. Mais la sérénité revient vite après analyse et lorsque la raison nous invite à hiérarchiser les risques. Au moins, maintenant, on les connaît!
Le Collège Mercyhurst, "Institute for Intelligence Studies" vient de publier un document intitulé "The Analyst's Style Manual" (http://www.mciis.org/download.php). Il est destiné aux étudiants, et pourquoi pas à tout le monde, et vise à présenter les règles et bonnes pratiques de la CIA dans le domaine de la rédaction de documents, et plus particulièrement les rapports d'intelligence. Au sommaire, donc:
règles de typographie (US/UK)
usage des lettres capitales
usage de la ponctuation
usage des abréviations
usage de l'italique
règles de rédaction efficace (lisibilité)
styles adaptés pour l'intelligence
On notera que ce document juge le point d'exclamation inutile puisque "le ton dépassionné attendu des rapports d'intelligence le rend rare ou inexistant (traduction libre)".
Il est naturel, pour un spécialiste de l'information et de l'intelligence économique situé à Bruxelles de s'intéresser au lobbying. Ne dit-on pas que Bruxelles est, de par le monde, l'endroit où on lobbyie le plus. Davantage qu'à Washington. C'est pourquoi, je viens de lire le livre de Daniel Guéguen, intitulé "Lobbbying Européen" (publié chez Europolitique en 2007). J'ai bien aimé l'organisation de ce livre qui part de constats (l'évolution du lobbying européen) pour en arriver aux stratégies (comment mettre en oeuvre un lobbying efficace), en passant par une description des principaux acteurs du lobby à Bruxelles et une présentation des différents outils à la disposition des lobbyistes. Un regret toutefois, l'absence d'une définition du concept de "lobby", car il est probablement faux que tous les lecteurs aient une vue claire de celui-ci, et par ailleurs, partagent avec l'auteru l'idée que celui-ci s'en fait. Dans le cadre de ce blog, je m'intéresserai plus particulièrement au point de vue de l'auteur sur les deux outils que sont la veille et l'intelligence économique. Dans l'esprit de Daniel Guéguen, la veille est législative, ce qui est pertinent si on s'en réfère à certaines définitions du lobbying (qui postulent que son objectif est d'influencer les législations). Avec raison, il nous dit que l'effort de veille doit mesuré (bien identifier le périmètre et choisir la profondeur et la périodicité). Et il nous propose un exemple de fiche de veille, qui reprend les informations suivantes:
le degré de priorité
le contexte (et les procédures)
l'impact sur le client
la position du client
le plan d'action à court terme
la description du problème
l'historique du développement
les étapes à venir
les actions à mettre en place
les acteurs clés
des liens vers des documents de référence
A propos de l'intelligence économique, l'auteur nous rappelle que "le problème ne réside pas dans l'obtention de l'information, mais dans son analyse". Et il nous définit l'IE comme "la capacité d'obtenir des informations non publiques et de les analyser pour offrir un avantage stratégique en termes d'anticipation, d'organisation, d'implantation, d'action, d'influence et d'aide à la décision". Ce faisant, il focalise la recherche d'information sur l'information grise (parfois foncé), terrai sur lequel nous ne le suivons, considérant qu'une grande quantité d'information blanche est disponible et que leur prise en considération est déjà de nature à creuser l'écart avec ceux (nombreux) qui ne s'y intéressent pas. Les moyens proposés pour accéder à l'information sont donc (les commentaires entre parenthèse ne sont pas de Daniel Guégen):
des recherches affinées sur internet (information blanche)
l'utilisation d'un paravent, pour ne pas se dévoiler (information grise)
l'activation de son réseau (information grise)
l'utilisation d'informateurs dans les Institutions (information grise)
le recourt à des expert de premier plan (expertise et capacité d'analyse)
Tel est le titre d'un livre publié par L'Harmattan que j'ai eu récemment en main. Malheureusement, les événements ont fait que je n'ai pas encore eu l'occasion de me plonger dedans. j'espère pouvoir le faire au début du mois de juillet. Dans l'intervalle, pour vous mettre l'eau à la bouche, sachez que:
il s'agit d'un livre collectif reprennant des contributions d'une bonne 20aine d'auteurs
il est le prolongation d'un colloque organisé par ATELIS en 2005
il est divisé en 4 grandes parties
Cartographie des enseignements (regard sur les formations académiques)
Benchmarking méthodologique (regard sur les pratiques méthodologiques)
L'IE appliquée à l'entreprise (regard sur les pratiques opérationnelles)
Intelligence Territoriale
Conclusion: restez branchés, vous en saurez plus très prochainement
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