De nombreuses sources vous proposent de suivre l'actualité de l'IE. Bien sûr, les blogs de Brainsfeed vous aident dans cette tâche, mais ce n'est pas leur vocation de suivre le marché et les actualités de l'intelligence économique (ou stratégique) de très près. Pour rappel, les lignes éditoriales de nos blogs sont:
Ceci dit, ceux qui souhaitent suivre l'actualité de l'IE peuvent s'abonner à "l'actualité de l'intelligence économique et de l'innovation" publiée régulièrement par l'Assemblée des Chambres Françaises de Commerce et d'Industrie. on y trouve toujours des informations intéressantes et des bonnes idées suivre ou à mettre en œuvre dans ses propres projets. A titre d'exemple, vous trouverez le numéro de mai 2010 à l'adresse http://tinyurl.com/399958d.
Ce livre, publié récemment aux éditions EYROLLES (www.eyrolles.com) nous semble combler un vide dans la littérature consacrée à l'intelligence économique (du moins, celle dont nous avons connaissance): il propose une méthode. D'habitude, le lecteur est confronté à des exposés plutôt théoriques, parfois déclinés sous forme de fiches, qui se voudront plus pratiques. Mais rares sont les auteurs qui, comme ici Christian Coutenceau et ses acolytes, se risquent à proposer aux lecteurs et aux praticiens une méthode complète de mise en application en entreprise. On peut donc leur en être reconnaissants. Ils ont construit leur méthode (qu'ils appellent MADIE - Méthode d'aide à la décision par l'intelligence économique) sur base de leurs expériences personnelles, mais aussi un panel de méthodes éprouvées et de bonnes pratiques. Dans la gamme des outils de l'entreprise, ils positionnent la méthode MADIE à l'intersection entre le pilotage stratégique et le pilotage opérationnel. Leur méthode est basée sur 7 étapes, pour lesquelles les auteurs prévoient des livrables pré-définis:
Naissance de l'idée
Recoupement des informations -> plan de veille
Initialisation de l'action -> directive initiale du dirigeant
Orientation de l'action -> matrice des parties prenantes, matrice des centres de gravité, plan de renseignements, description de l'état final recherché (objectifs)
Choix de la tactique -> matrice des actions possibles, matrice des actions retenues
Plan d'action, mise en œuvre et suivi -> plan d'action général, lettre de mission
Bilan
On a aimé le proposition d'une méthode, d'autant qu'elle est assez détaillée et que des outils pratiques sont également proposés, ainsi que quelques concepts pertinents comme le centre de gravité de l'entreprise. Le lecteur peut donc faire son marché, soit en prenant la totalité de la méthode, soit en se focalisant sur l'un ou l'autre outil. On a un peu moins aimé l'accent mis sur les aspects défensifs de l'IE (tendance assez française), la légèreté de certains exemples (qui sont peut-être excellents, mais le lecteur n'en reçoit pas assez de clés de compréhension, un vocabulaire parfois inutilement complexe (l'espace cryptique n'est-il pas simplement un groupe de projet?). Au final, ce livre constitue un bon point de départ pour les néophytes qui souhaitent mettre en place un projet d'intelligence économique, ou pour les équipes qui cherchent à formaliser davantage leurs pratiques.
La mise en place d'alertes, permettant de suivre l'apparition de mots dans des bases de données, est une des activités de base de la veille. Plus particulièrement, la surveillance de la presse. Pourtant le service proposé par Relay.com, dont nous avons déjà parlé parce qu'il nous met à un clic des magazines français (http://tinyurl.com/nrohza) nous semble intéressant. Il propose de chercher, et de mettre des alertes, dans les contenus des magazines récents. L'intérêt? Typiquement, les articles mis en ligne par les sites des journaux ne sont que des extraits des articles publiés "papier" (il faut bien que le papier vive). Chez Relay, on cherche dans les articles "papier", et lorsqu'un article contient les mots clés recherchés, on peut acheter et télécharger le magazine.
Il y a quelques semaines, on vous a parlé du document d'intelligence stratégique d'Airbus qui décrit les difficultés de Boeing dans la mise au point de son Dream Liner 787 (http://tinyurl.com/cphy6e). Récemment, la chaîne de télé France 24 a réalisé un reportage sur la question, qui est aujourd'hui disponible sur Dailymotion. On y apprend forcément certaines choses sur les pratiques concurrentielles dans le domaine de l'aéronautique, mais ce reportage nous laisse quand même sur notre faim.
Cet article du blog "Knowledge Is Power" (http://tinyurl.com/cmjaac) nous explique l'intérêt, pour les acteurs de l'intelligence économique, de la presse locale. Il considère celle-ci comme une des meilleures sources d'informations. En fait, cet article met surtout en évidence certaines distorsions de la communication des entreprises. Dans certaines circonstances, et à destination de certains publics, les mesures de sécurité sont draconiennes, alors que dans d'autres circonstances, elles sont plus légères. Une de qualité d'un bon veilleur ou collecteur d'information est la capacité à détecter ces distorsions et à les exploiter. Indéniablement, la presse locale bénéficie souvent de cette distorsion, partiellement parce qu'on oublie qu'elle peut aussi être lue à l'autre bout du monde, par quelqu'un qui parle très mal notre langue. A méditer.
On sait que dans de nombreux pays il y a des liens de filiations entre l'intelligence civile et l'intelligence militaire. On ne s'étonnera donc pas que le mouvement de l'intelligence économique en Russie plante ses racines dans une grande tradition d'intelligence militaire et gouvernementale. C'est ce que nous apprend cet article du journal SCIP, publié à l'automne 2004 dans le cadre d'un dossier sur l'IE dans différents pays, dont nous avons déjà fait écho (http://www.scip.org/files/JCIM/JCIMv2i3Russia.pdf). Ces dernières années, toutefois, les chefs d'entreprises (des grandes, celles qui pratiquent l'IE) comment à comprendre que l'IE n'est pas la prolongation de l'espionnage industriel, mais bien un outil d'aide à la prise de décision. Ce mouvement est aidé par l'apparition, sur le marché, de praticiens issus de la voie universitaire (et pas militaire). Et après diverses évolutions, le monde de l'IE en Russie peut être vu organisé en 4 niveaux:
une organisation structurée (le marché se divise entre les structures d'IE intégrées dans les entreprises, celles qui opèrent au sein d'officines de détectives privés et les bureaux d'IE)
une spécialisation par services (par exemple les agences qui se spécialisent dans les activités de leur maison mère, celles qui se spécialisent sue le marché domestique et celles qui œuvrent principalement pour les entreprises étrangères)
une distribution en branches (les activités de CI peuvent être regardées en fonction des branches d'activité, avec une prédominance pour les secteurs forts à l'exportation)
une distribution territoriale (plus de 85% des opérateurs d'IE se concentrent sur Moscou)
Les sources utiles en Russie se partagent entre les sources ouvertes et celles proches des milieux criminels:
sources ouvertes: nouvelles en temps réel, bases de données online, news digests
bases de données: officielles
interviews
Dans le domaine de l'analyse, les Russes ont tendance à faire usage de leurs "capacités intellectuelles" et à faire usage de techniques d'analyse complexes (planning, analyses, modélisation, knowledge discovery, CBR, réseaux neuronaux...). Les grands problèmes du secteur semblent être liés au secret, à la transparence et à la concentration. Et il y a bien d'autres informations à découvrir dans ce document bien fouillé. Bonne lecture.
Oriental.ma, le magazine de l'agence l'Oriental, la province la plus à l'est du Maroc, a publié, en décembre 2008, un numéro tout entier consacré à l'intelligence économique. C'est dire l'importance que l'on accorde à cette pratique de l'écoute de l'environnement, dans le but de prise de meilleures décisions stratégiques (merci au blog sphere.ie - http://tinyurl.com/b7mlad). Sans entrer dans le détail de tout ce qui est dit dans ce magazine, on notera:
un regard principalement tourné vers l'intelligence économique dite territoriale, celle qui vise à assurer le développement économique (génération de richesses) là ou il y a des populations qui vivent (plutôt que de déplacer les populations vers les espaces où se concentrent les entreprises)
le sujet principal est l'IE au Maroc, mais on en apprend beaucoup (plus) sur l'IE à la française (les experts invités sont principalement français)
l'introduction nous définit l'IE (territoriale) comme ...une démarche, une approche, une pédagogie, une logique de gestion des circuits d’information stratégiques et de leur contenu, accompagnée d’un système d’organisation efficace qui touche plusieurs domaines de l’intervention humaine: social, culturel, territorial, l’activité et les besoins des entreprises, les risques de la concurrence...
Bref, un document à lire par tous les responsables locaux, mais aussi par les chefs d'entreprises qui pourraient y découvrir l'urgence de se mettre à l'écoute de l'environnement.
J'ai déjà évoqué le dossier publié en 2004 par SCIP dans son journal, en vous indiquant l'analyse de la situation en Espagne. Voici maintenant quelques commentaires sur leur analyse de l'IE en Australie (http://www.scip.org/files/JCIM/JCIMv2i3Australia.pdf). Premiers constats, sur les raisons pour lesquelles l'IE n'était un "hot topic" en Australie il y a quelques mois. Cette liste de points est basée sur une analyse de la situation US au début des années '90 (absence d'intérêt pour l'IE), et me semble également toujours applicable à la situation belge aujourd'hui:
une concurrence pas assez sévère, et des senior managers imaginant connaître suffisamment leurs concurrents
les senior managers imaginant être capables d'IE
difficulté à justifier les coûts
ignorance de l'IE
Plus précisément pour l'Australie, quelques constats:
les entreprises qui ont de l'IE sont principalement les filiales d'entreprises US
dans ces entreprises, les équipes d'IE sont particulièrement petites
les pratiques d'IE sont peu sophistiquées
une petite majorité des entreprises partagent les vues suivantes
il est important de former le personnel
il est important de faire des analyses et audits de concurrence
il faut intégrer IE et stratégie
une des raisons du retard à l'implémentation de pratiques d'IE est liée à l'absence de presse locale dédiée à l'IE et présentant des exemples locaux
une autre raison est l'absence d'enseignement de ces pratiques (comment peut-on pratiquer quelque chose dont on ignore que cela existe)
SCIP, l'association US en IE, dans son "Journal of Competitive Intelligence" a publié, en 2004, un dossier consacré aux pratiques d'IE dans quelques grands pays industriels. Aujourd'hui, je vous propose les pages consacrées à l'Espagne (http://www.scip.org/files/JCIM/JCIMv2i3Spain.pdf). Quelques remarques à propos de ce document:
il commence par un paragraphe sur la terminologie
on distingue 4 phases dans l'évolution de l'IE en Espagne
la phase de découverte (1991 - 1994)
la phase "Business Information" (1994 - 1998)
la phase technologique (1998 - 2001)
la phase stratégique (2001 - ) - cette phase est celle de l'intégration de l'IE dans les réflexions stratégiques des entreprises
quelques informations sur le comportement des entreprises
75% des entreprises sondées déclarent surveiller le paysage concurrentiel de manière informelle ou sporadique
si les entreprises (PME) disposent de guide lines pour collecter de l'information stratégiques, peu les mettent en pratique
La moitié des multinationales ont des programmes coordonnés pour collecter, classer, analyser et distribuer l'information
quelques observations clés
les praticiens en IE s'intéressent principalement à la concurrence, aux produits et aux industries
les pratiques en entreprises sont souvent centralisées et les équipes vont de 1 à 10 personnes
les réseaux externes sont largement utilisés, ainsi qu'internet
le modèle SWOT est celui qui est le plus utilisé
de très nombreux chefs d'entreprises espagnols (PME) souffrent de myopie informationnelle, reconnaissant mal connaître leur environnement concurrentiel, mais ne semblant pas être convaincu de l'importance d'augmenter cette connaissance
Cet article (19 avril 2008) s'interroge sur les raisons pour lesquelles le Canada innove moins que les autres pays industrialisés (http://bsfd80.notlong.com). Cette lacune étant mise en évidence par le faible taux de dépot de brevets par les entreprises canadiennes. Si j'ai relevé cet article, qui ne traite pas stricto sensu de veille ou d'intelligence économique, c'est que le dépot de brevets participe d'efforts de protection de l'information et des actifs intellectuels de l'entreprise, considération qui participe de l'intelligence économique (souvent qualifiée de défensive). Dans cet article, j'ai relevé les constats suivants, qui me semblent pertinents:
le Canada aurait une culture peu légaliste, qui pousserait les entreprises à se protéger par le secret plutôt que par le brevet
les chercheurs ne seraient pas suffisamment formés aux brevets, à leur importance pour ma protection de l'information, ni comme source d'information
le Canada est un pays de ressources naturelles, il a donc moins besoin d'innover
le Canada dispose de très peu de grandes multi-nationales, il dispose principalement d'une économie de succursales et de filiales
le Canada ne produit pas suffisament de doctorants
Cet article publié il y a quelques jours sur le blog allbusiness.com (Ten Reasons Small Businesses Should Monitor Online Reputation - http://bsfd75.notlong.com ), partant du constat de l'avance permanente des média sociaux sur le Web (Facebook, MySpace, Youtube, Twitter, les forums...) relève l'importance de plus en plus grande, pour les PME, de surveiller ce que l'on dit d'elles. En conséquence, il propose à notre réflexion, et pour action, 10 raisons de surveiller le Web et d'y collecter des informations relatives à:
Il s'agit du titre d'un dossier (de vulgarisation) cdonsacré à l'intelligence économique par la CCI des Deux-Sèvres. Après nous avoir livré une définition de l'IE, ce document, intelligent et bien construit, propose aux PME d'évoluer dans leurs besoins d'IE en surfant sur des exemples marquant:
le besoin de maîtrise des sources d'information, pour trouver plus facilement et rapidement l'information nécessaire
le besoin de protéger ses informations et éviter les dangers des enquêtes réalisées par des concurrents (potentiels et non encore identifiés)
la protection des capitaux intellectuels
l'exploitation du lobbying, pour anticiper les évolutions réglementaires et leurs influences sur les marchés
Oui, si on en croit quelques articles de la presse algérienne dont le site veille.ma se fait écho. Ces articles font suite au colloque «Gouvernance des institutions et Intelligence économique» qui s'est tenu il y a quelques jours (14.06) à Alger. Ainsi, quelques citations:
La non-maîtrise de l’information économique et de sa gestion fait que «nos PME/PMI se trouvent en situation de dépendance vis-à-vis d'entreprises concurrentes bien plus grandes ou d'isolement, ce qui affaiblit leur position stratégique et leur compétitivité»,http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/06/15/article.php?sid=69581&cid=2
Le ministre a insisté sur la nécessité d’aider l’entreprise et de l’accompagner à se préparer à l’intelligence économique, car, «pour utiliser une information, il faudra d’abord savoir de quoi ça parle le plus», a-t-il précisé... «...l’entreprise «doit s’organiser pour mieux se préparer à la concurrence internationale»http://www.lexpressiondz.com/article/2/2008-06-15/53476.html
L'expert tunisien a souligné l'importance de la mise en place d'une stratégie de développement permettant de faire face à la concurrence sur le double plan régional et internationalhttp://www.elmoudjahid.com/em/cooperation/9112.html
Cybion,
cabinet d'intelligence économique, a récemment (avril 2008) publié sur youtube
cet extrait de programme télévisé. On y parle d'intelligence économique. Malgré
l'entrée en matière qui associe IE et espionnage économique, la suite présente
les activités du cabinet parisien. On y trouve de bons exemples de l'utilité de
l'IE pour les entreprises.
Les pouvoirs politiques wallons semblent enfin s'intéresser à l'intelligence économique. Ainsi, il y a quelques jours, un groupe pilote d'entreprises vient d'être "diplomé" par l'ASE (agence de stimulation économique) à la suite d'une formation oriéntée intelligence économique. Cette formation a été organisée en 7 modules:
introduction à l’IS ;
la surveillance et l’intelligence de la concurrence ;
l’Intelligence stratégique et les opportunités de croissance ; (*)
la cellule de veille et la recherche d’information sur internet ;
la sécurité informationnelle et informatique ;
les déstabilisations dans l’entreprise et le lobbying ; (*)
un bilan d’appropriation et la présentation de l’audit.
Il semblerait que les modules 3 et 6 (marqués d'une étoile) aient plus particulièrement retenu l'inérêt des participants. Espérons que cette initiative soit le début d'un véritable travail en profondeur.