En début d'année, la télévision suisse a commis un reportage intitulé "Quand Nestlé espionne ATTAC". Le sujet central de ce reportage est l'infiltration récente (2004) d'un groupe de militants préparant un livre sur la multinationale par une taupe au service d'une entreprise de sécurité et renseignements travaillant pour Nestlé. Ce n'est bien sûr pas de l'intelligence économique, les acteurs cités dans le reportage boxent dans une autre catégorie que la nôtre, mais bien de l'espionnage. Il ne faut probablement pas s'étonner de l'existence de ces pratiques, d'autant que qu'on apprend que ces pratiques ne sont pas isolées. On pourra retenir au moins deux choses de ce reportage:
en Suisse (dans nos contrées?), l'infiltration n'est pas illégale, tant qu'elle n'aide pas à la constitution et l'alimentation de bases de données à caractère personnel, laquelle est bien illégale si elle n'est pas déclarée
plus important, l'idée qu'aujourd'hui la réputation des acteurs économiques est plus importante que leurs capacités technologiques et de production; à l'analyse, cela semble évident, il y a longtemps qu'on achète tous des marques plutôt que des caractéristiques techniques - en conséquence, les activités d'intelligence économique (ou d'espionnage) ont migré de la sphère des technologies (espionnage industriel) à celles des compagnes de communication: il est important d'éviter toute ébréchure dans le vernis de la réputation et donc d'anticiper les campagnes négatives, d'être capable de réagir...